
À l’occasion de ce début novembre où tout peut ne paraître que “sombritude”
Résorber le tragique
On ne trouve pas dans la pensée chinoise l’idée de finalité. “Yi ” est un processus sans fin. L’événement en tant que tel n’existe donc pas.
Par exemple, la mort n’est pas un événement mais le résultat d’un processus. C’est une transition continue : « La vie nous fatigue, la vieillesse nous détend, la mort nous repose ». Nous voyons que l’approche est assez différente de la nôtre… La naissance est une concentration d’énergie, un assemblage, une individuation et la mort tout simplement une dissolution d’énergie, un désassemblage, une désindividuation. Il n’y a pas de coupure. De même pour la souffrance ou la maladie : on ne « tombe » pas malade…
Lorsque j’ai perdu ma mère, et je peux vous dire que cette prise de conscience m’a énormément aidée.
La pensée chinoise exprimée à travers le Yi Jing peut ainsi nous apprendre à nous défaire de la pensée de l’événement qui est somme toute une dramatisation. (Le tragique étant ce qui échappe à la raison, ce qui lui résiste).
En Chine, on pense en termes de transformation silencieuse. N’oublions pas que c’est un peuple d’agriculteurs. On ne peut penser l’événement que comme l’affleurement visible du processus invisible. La pensée chinoise nous apprend ainsi à résorber le tragique. Il s’agit de libérer, de rétablir le flux naturel des choses. Retrouver la libre circulation : la Voie.
La notion de temps existe-t-elle en Chine ?
Une chose à pointer pour mieux comprendre la pensée chinoise et par là le Yi Jing : c’est l’idée du temps. La Chine n’a pas élaboré le concept du temps qui passe. Le « temps » est un mot qui a été traduit de l’occidental au XIXe siècle. Il signifie « entre moments ». C’est donc uniquement un intervalle.
Il n’existe que deux notions pour les chinois : la durée (une vie, une heure) et la qualité du moment (l’occasion, la saison particulière).
La langue chinoise ne conjugue ni ne décline : c’est l’infinitif de la durée. L’idée « d’événement » en tant que tel n’existe pas dans la pensée chinoise : ce n’est que l’effet d’un processus en cours. C’est pourquoi la dramatisation n’a pas lieu d’être. D’autre part, le temps n’est jamais sujet (le temps qui « tue »). Comparons avec le « Chronos » occidental qui dévore ses enfants… La notion chinoise du temps n’est pas linéaire mais cyclique.
Il est salutaire de comprendre comment, à partir du changement même, il est possible de déduire les raisons d’une confiance à toute épreuve. C’est-à-dire à partir de ce qui peut être même vécu, à l’extrême, dans l’angoisse.
Vous connaissez certainement l’histoire de ce paysan chinois dont la magnifique jument s’était échappée… Après quelques jours, elle revint suivie de splendides étalons. Peu de temps s’écoula lorsque le fils unique du paysan se brisa la jambe, le rendant boiteux à jamais. Ce qui fut une grande chance car la guerre éclata et décima tous les fils valides des voisins partis combattre.
Approuver le changement et le reconnaître comme seul présent est nécessaire. S’adapter aux circonstances n’est pas surfer sur les situations, mais les accepter dans leur prégnance et en comprendre les secrètes significations. C’est une danse légère où l’on est à chaque instant en alerte, à la fois sur ce qui se passe à l’extérieur et à l’intérieur de soi.
Le Yi Jing est une aide magistrale qui permet à l’homme occidental de se repérer dans le fonctionnement des choses et ainsi de pouvoir renouer avec le sens de la vie, de sa vie.
Avez-vous déjà été confronté à une situation douloureuse où la réponse du Yi Jing vous a été d’une grande aide ?
Merci pour vos témoignages
Dominique
Merci Dominique,
Merci pour ce rappel de la pensée Chinoise.
Cela m’aide car je viens de perdre un être cher .
Betty
Tout à fait d’accord sur le fait que le Yi Jing est une aide magistrale qui nous permet de se repérer dans le fonctionnement des choses. et de renouer avec le sens de sa vie.
A ce sujet, j’ai une petite histoire à raconter; C’est la mienne! Elle n’est cependant pas dramatique mais peut témoigner de ce que le Yi Jing est capable de transformer une vie. Je suis Belge et à la suite d’un très grave accident de voiture j’ai entamé ma convalescence dans la villa que mes parents possédait en Espagne. Je me suis bien retapé, tellement bien que j’ai d’abord rencontré une amie Française avec qui j’ai vécu 6 ans. Malheureusement cette dame est décédée en 2009 à la suite d’une triste maladie. Vu que j’avais monté une petite affaire de réception TV par satellite, j’ai continué à travailler tout en vivant seul. Après un an et demi, j’avais pris la décision de rentrer en Belgique car je prenais de l’âge et monter sur les toits commençait à devenir pénible pour moi. C’est à ce moment là que j’ai rencontré une autre amie, française également. Elle était infirmière dans un service de réanimation dans un hôpital en France. Nous avons commencé à vivre ensemble et notre relation à duré 12 ans. Nous avions tout pour être heureux. Nous passions l’été sur la Costa Brava, l’hiver dans la région d’Alicante dans le sud, février et mars à Ténérife dans les iles Canaries et on s’offrait un beau voyage en novembre. Tout était pour le mieux jusqu’au jour où je me suis posé la question: Suis je vraiment heureux dans cette vie de château. Dans le fond, j’avais 71 ans à l’époque et j’avais l’impression que j’attendais la mort tout doucement, sans plus avoir de but dans ma vie si ce n’est de me demander dans quel restaurant on pourrait bien aller manger dimanche prochain?! J’ai alors posé la question au Yi Jing: que faire?
J’ai reçu la réponse sous la forme de l’hexagramme 50 LE CHAUDRON. Il m’était conseillé d’évoluer vers une vie plus spirituelle, plus riche, plus motivante. La chose n’étant pas possible avec ma compagne et bien que j’étais très attaché à elle, je suis rentré en Belgique. J’ai commencé par changer mon mode de vie. J’ai perdu 8 kilos. Je me suis sevré des médicaments que je prenais pour le cœur: cholestérol, béta bloquants, anti diurétique. J’ ai pratiqué 2 heures de sport par jour. Toutes mes analyses se sont révélées parfaites. J’ai beaucoup lu, notamment deux livres qui m’ont marqués : Le Génie dans vos gènes de Bruce H Lipton , éditions Dangles et le Tao de la physique de Fritjof Capra. Mais surtout! Mais surtout,
j ‘avais appris le Yi Jing avec Cyrille fin des années 90 quand il venait donner des séminaires à Bruxelles. Je me suis alors remis à l’étude approfondie de tout les hexagrammes avec leurs traits changeants. J’ai lu tous les livres importants traitant du sujet. J’ai ensuite créé un site internet consacré à l’interprétation des tirages du Yi Jing. Je me suis mis à l’étude approfondie du BaZi qui complète parfaitement bien le Yi Jing. Mon but maintenant est de pouvoir, dans la mesure de mes possibilités, aider les autres dans leur cheminement de vie. Pour moi personnellement il s’agit avant tout de trouver une forme de sagesse et de sérénité.
Tout cette petite histoire pour vous dire que l’hexagramme 50 Le Chaudron a transformé complétement ma vie.
Merci, d’une justesse remarquable !
Et oui, le yi jing, associé au stoïcisme, sont d’une grande aide dans les situations ressenties comme dramatiques. .