Définitions (officielles) du mot « divination »
« Art de deviner, de découvrir ce qui est ignoré ou caché,
en sortant des voies ordinaires de la connaissance. »
CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales)
« Art de prédire l’avenir par l’observation et l’interprétation de certains phénomènes.
Sorte de prévision instinctive ; intuition. »
Larousse
« Art de découvrir ce qui est caché par des moyens qui ne relèvent pas d’une connaissance naturelle.
Faculté, action de deviner, de prévoir. »
Le Robert
Ces définitions – baroques et approximatives – disent bien le malaise de l’académicien face à un phénomène qu’il ne comprend guère, dans un monde où il n’a pas droit de cité.
La définition Larousse fait ainsi du sondage politique ou de la météorologie des arts divinatoires, en un humour très involontaire. Celles du Robert et du CNRTL tendent à considérer plutôt la pratique divinatoire comme une forme de sorcellerie …
Quant un voyant pourtant s’assoit en face de vous, et qu’il lit ce qui vous préoccupe sans que vous ayez encore prononcé un mot, en quoi n’est-ce pas une connaissance naturelle, puisqu’elle ne dépend que de l’usage de ses propres facultés ? En quoi surtout serait-elle moins naturelle… que l’étude avec un microscope sophistiqué par exemple – un outillage artificiel – de ce qui est trop petit pour ne pas être caché à l’œil nu ?
La divination en réalité permet seulement d’obtenir en direct des informations exactes, aussi mystérieux que ça puisse être. Parce que les informations existent. Qu’elles sont disponibles. Et que nous pouvons tous y accéder, en utilisant nos sens dédiés (divination « intuitive »), sinon des outils justement conçus à cet usage (« divination déductive »).
Ce qui fait la divination – et la distingue de la météo justement – c’est seulement la dimension invisible des capteurs.
Mais l’existence et la précision de ces informations pour autant ne dit pas que le futur est écrit, ni que les prédictions seront justes. Contrairement à une légende tenace en effet, ce n’est pas la prévision du futur qui fait l’acte divinatoire, mais la lecture efficiente du présent. Un art divinatoire n’est pas un art de la pré-diction, mais du pilotage. Toute interrogation se fait nécessairement au présent, toute réponse, tout usage également…
Si le futur est illisible en effet, rien ne sert de pratiquer ; si le futur est déjà écrit, non plus. Toute approche divinatoire s’inscrit nécessairement dans l’espace mental entre les deux. Là où quelque chose est lisible ; là où quelque chose reste à écrire. Là où quelque chose dépend de nous ; là où quelque chose ne dépend pas de nous.
Si le futur est illisible, la pratique est sans recours. Si le futur est déjà écrit pour moi, la pratique est sans intérêt. Mais si quelque chose de ce qui se présente à nous peut être exploré, informé, éclairé… et modifié, alors le jeu doit bien en valoir la chandelle.
L’acte divinatoire est ainsi un acte d’a-justement… pas un acte de réassurance !
Si je ne consulte la météo que pour qu’elle me dise qu’il va faire beau, je vais être très souvent déçu en effet, et cette déception ne servira personne. Mais si je la consulte pour savoir si je peux sortir en mer et selon quel équipement, je pourrais éviter de vraies désillusions, tout en optimisant l’usage de mon bateau, de mon énergie, de mes trajets …
Les anciens en étaient bien conscients, qui ont élaboré, pratiqué, testé et nous ont transmis les Runes, le Yi Jing ou la géomancie.
Si le Yi Jing existe, sous la forme que nous lui connaissons, c’est bien que consulter fait sens en effet. Sinon pourquoi imaginer 64 positions et 4 096 réponses distinctes ? SPONTANEMENT aurait amplement suffi ! Et si les réponses sont le plus souvent des verbes décrivant des conseils d’attitudes actifs, c’est bien qu’une action est toujours possible et positive, qui aura un impact au final. Sinon pourquoi nous inciter à patienter ou à trancher, à s’effacer ou à échanger, à se montrer ou à se cacher ?
Et c’est logique… Comme je consulte, j’obtiens une information. Cette information – si je sais l’accueillir avec le respect qu’elle mérite – suscite donc un changement de posture. Lequel modifie nécessairement le futur. Et c’est bien ce que je dois rechercher. Non pas connaître le sort qui m’est réservé… mais féconder au mieux la donne qui m’est proposée.
Connaître la fin du film avant de l’avoir vu n’aurait sinon aucun intérêt, sauf à ne pas vouloir le regarder en entier. Co-construire le film au fil des péripéties est autrement intéressant, surtout ici et maintenant. A condition d’accepter que ce soit possible, bien sûr… et que tout ne dépende pas de moi.
C’est parce que tout est relié qu’un tirage est possible.
C’est parce que rien n’est figé qu’un tirage est utile.
Didier Goutman
… ou plutôt qu’il existe naturellement déjà une conscience intuitive en chacun 🙂
Elle ne naît pas lors ‘un tirage… elle se manifeste seulement, je crois.
C’est parce que nous sommes tous reliés à tout qu’une consultation de Yi Jing est possible… que nous le sachions ou pas !
Est-il possible qu’un conscience intuitive puisse naître en chaque individu ?
De là à naître par une spontanéité désarmante car souvent associée à de la naïveté.
Alors le caché, le “enfoui” de faire surface.!
Guy Hospod