40 ans déjà… Les apports de Djohi à l’étude et l’usage du Yi Jing

par | 23 Juin 2025 | 1 commentaire

Pour l’ensemble des adhérents, pour en garder trace, et aussi pour susciter vos commentaires, voici le texte du petit discours que j’ai prononcé hier lors de l’anniversaire célébré aux Temps du Corps à Paris… 

 

Bonjour à toutes et à tous,

En cette journée d’anniversaire, j’ai proposé à Cyrille d’animer un court temps d’intervention pour évoquer un sujet important, que sa modestie – et peut-être aussi sa place très centrale, au cœur même du dispositif – lui rendait difficile à porter.

Ce sujet important pour l’association, et tous ceux qui ont contribué à l’animer et à la faire vivre, c’est la question de l’apport de Djohi.

En 40 ans d’existence, d’efforts, d’activités continues… Qu’est-ce que Djohi a apporté à l’étude et à l’usage du Yi Jing ?

Je ne peux vraiment témoigner personnellement que des 22 dernières années – puisque je ne suis membre de Djohi que depuis 2003, encore que j’ai rencontré le Yi King en 1987, participé dès 1994 à un cours débutant et retrouvé Cyrille en ateliers ici même, en 2001 – mais j’ai eu envie d’y réfléchir un peu, et d’en structurer une présentation pour ce jour de célébration. En travaillant autour de trois dimensions clés :

  • La / les traductions
  • Le corpus d’analyse (du système Yi Jing et des tirages)
  • L’enseignement et le partage du Yi Jing

 

  • Traduction(s)

Djohi, en effet, c’est d’abord un travail sur la traduction, pour la « restaurer » au plus près de sa forme originale, la moderniser, la commenter et nous la rendre ainsi précise, vivante et accessible. Travail collectif – que Cyrille a très largement porté – qui a conduit notamment :

    • À un « mot à mot» qui m’est cher, paru en 1994,
    • Puis à la Brique Rouge, notre Bible à tous (ou plutôt notre Talmud ?)
    • Et sinon aussi à des alternatives, que Jean-Pierre de Leeck, Alain Leroy ou Pierre Faure ont mises sur pied, avec plus ou moins de bonheur sans doute, mais qui n’auraient sans doute jamais vu le jour sans le travail de référence préalable effectué.

Avant Djohi, il n’y avait ainsi en français direct que la traduction de Philastre (et celle de Charles de Harlez, un sinologue belge, mais que personnellement je n’ai même jamais aperçue), et nous travaillions tous – pour l’essentiel – avec la traduction de Wilhelm, c’est-à-dire avec des textes conçus et interprétés par des gens… nés au XIXe siècle !

Aujourd’hui, nous disposons d’un outil solide, de commentaires précis, de discussions détaillées, et même de critiques ou de variantes, mais dans tous les cas d’un ensemble solide et structuré pour mieux apprécier le texte au plus près de sa pureté d’origine.

  • Corpus d’analyse

Deuxième dimension qui me semble fondatrice, tout le travail effectué sur le « corpus d’analyse » qui mérite d’être regardé dans son ensemble et rétrospectivement :

  • Travail sur la structure du Yi Jing
    • Réflexion sur les hexagrammes calendériques ou les familles de Nucléaires par exemple,
    • Plus récemment travail sur les Bigrammes, les hexagrammes mélancoliques ou les cousinages de sens,
    • Mais aussi sur les Grandes Images : découverte de la notion de « trigrammes sujet », étude du rôle des verbes dans la description trigrammatique de la figure…
  • Travail sur les figures d’analyse
    • Trigrammes
    • Dérivés
    • Opposés & Retournés (avec approche possible en quadriges)
  • Travail sur les logiques d’interprétation
    • Conduite d’une analyse de tirage,
    • Réflexion sur les écueils, regard sur les tirages « qui nous dérangent »,
    • Interprétations de la perspective etc.

Avant Djohi, il n’y avait guère de pratique structurée visible ni d’enseignements organisés, même si bien sûr certains – comme Jean-Philippe Schlumberger – travaillaient déjà le Yi Jing à leur manière…

Aujourd’hui, nous bénéficions tous ensemble d’un cadre de réflexion, d’analyse et d’interprétation robuste, écrit, argumenté, cohérent. Avec lequel nous pouvons prendre nos distances au besoin – je suis le premier à m’y risquer – mais qui constitue dans tous les cas un repère et un garde-fou…

 

3 – Enseignement, partage et diffusion

 Enfin, last but not least, Djohi a diffusé et partagé largement son travail. Et notamment ici, aux Temps du Corps, qui nous accueille aujourd’hui… Comment ? Sans exhaustivité, citons ici par exemple :

  • Des publications Djohi
    • Hexagrammes – 6 numéros
    • Questions de – 1 numéro
    • Djofil – 65 numéros (désormais numérisés et accessibles)
    • Xie Aile… et bientôt une XIIe ?
    • Des analyses de tirages, des quizz
    • Et un blog en ligne maintenant depuis peu…
  • Des occasions de partage organisées par Djohi
    • Des Rencontres annuelles, au printemps, et aussi en hiver depuis deux ans,
    • Des stages d’été, et pas seulement,
    • Des ateliers, en régions et à Paris, dans les différentes antennes de Djohi, mais aussi en distanciel désormais (à Bruxelles, à Lyon, à Bordeaux et bientôt à Strasbourg ou à Orléans…)
    • Des journées / des week-ends de conférence, à Paris, à Lyon et ailleurs,
    • Et même un colloque exceptionnel (international…) en 2014, au théâtre Adyar, avec près de 250 participants, des intervenants US et chinois etc.
  • Des publications issues de Djohi
    • Par Cyrille bien sûr,
    • Mais aussi Arlette, Dominique, Jean-Pierre, Rose-Marie, Didier, chez First, chez Eyrolles ou chez Albin Michel,
    • En encore par des anciens de Djohi (Pierre Faure / Alain Leroy), sinon des élèves passés par Djohi (comme Nathalie Chassériau)
    • Sans oublier l’ouvrage de Samia Khallaf, ou le recueil de nouvelles de Dominique…

Avant Djohi, en effet, il y avait bien peu de livres au rayon Yi Jing, et c’était toujours un peu le même. On y reprenait les 64 hexagrammes et les textes des traits pour essayer de donner à voir quelque chose de la signification potentielle des tirages effectués. Aujourd’hui, nous représentons ensemble une très bonne part d’un rayon élargi, enrichi, assoupli, avec des ouvrages historiques, des ouvrages d’initiation, des ouvrages d’explication, dans des formats différents, plus light ou plus complets.

Avant Djohi, il y avait bien peu d’occasions d’apprendre ou de partager, et elles se partageaient surtout entre initiés. Aujourd’hui, un nouveau participant va pouvoir accéder d’emblée à de très nombreuses ressources disponibles, en ligne, en librairie, et aussi en présence bien sûr…

Avant Djohi, on ne parlait pas beaucoup du Yi Jing au fond, qui était d’ailleurs encore le Yi King, et pas toujours de façon très raisonnée. Aujourd’hui quelque chose a changé, je crois. On en parle peut-être un peu plus, et sûrement un peu mieux.

Avant Djohi, un amateur – fût-il éclairé – ne savait souvent pas où partager sa quête de réconciliation de la raison et de l’intuition. Aujourd’hui il peut trouver ainsi une maison, un accueil et des pairs.

Pour une « courageuse petite association, » comme Cyrille aime à l’évoquer parfois, ça semble donc être au final un bilan plutôt flatteur. Et c’est le moment, je crois, de nous l’attribuer collectivement.

Sans préjuger bien sûr de ce que nous ferons, ensemble, tous, à partir de maintenant…

Merci de votre attention !

 

… Et vous, qu’en dites-vous ?

1 Commentaire

  1. Merci, Didier, pour ton éclairage sur les apports de Djohi lors de notre célébration du 40ème anniversaire dimanche dernier.

    100% en phase avec toi : le bilan est flatteur !

    Bien sûr, animant le pôle formation, je suis particulièrement sensible à l’enseignement et au partage :
    Le corpus des publications de Djohi est un atout formidable et visible, mais c’est le sommet de l’iceberg :
    • pas de Djohi sans djohistes !
    • pas de djohiste sans l’expérience intime, vivante, du partage de l’expérience et de la transmission !

    Je vois Djohi comme une fantastique « machine à connexion », qui relie avec bonheur tous les stagiaires en formation, tous les participants à des analyses de tirage, et aux journées de Rencontres.

    La voilà la partie immergée de l’iceberg avec chaque année :
    • plus de 20 soirées d’échanges et d’analyses de tirage en présentiel et distanciel,
    • 10 journées de stage à Paris en automne et au vert en été,
    • 5 journées de Rencontres

    En tant que membre du Bureau de l’association, je constate avec un grand plaisir que les projets d’avenir, « ce que nous ferons à partir de maintenant » pour reprendre ton expression, sont initiés avec force par une nouvelle génération de djohistes, que nous avons formés depuis peu, et que nous encourageons à poursuivre.

    Je suis certain que les 40 prochaines années nous réservent de belles surprises.

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